EXPOSITIONS
mai 2026
in situ: Igshaan Adams. Soulevant la poussière : l’archive du corps 05.05.2026 - 01.11.2026 Igshaan Adams (Le Cap, 1982) est un artiste pluridisciplinaire dont le travail entremêle la dimension personnelle et l’engagement politique à travers les matériaux, le geste et la forme. Nourri par les souvenirs de son enfance à Bonteheuwel — une banlieue marquée par la ségrégation raciale et façonnée par les divisions spatiales de l’apartheid — Adams transforme des matériaux modestes, tels que la corde, les perles ou le fil métallique, en compositions élaborées qui interrogent les liens entre la race, la religion, la sexualité et la mémoire. Il s’inspire notamment des sols en linoléum imprimé des intérieurs domestiques, transformant ces motifs familiers en abstractions qui reflètent à la fois l’intimité et le déracinement. Adams a récemment élargi le champ de ses recherches pour y intégrer la dimension du mouvement. Sa collaboration avec le Garage Dance Ensemble à O’okiep, dans la province sud-africaine du Cap-Nord — d’où est originaire sa famille maternelle — a favorisé un échange inédit entre le textile et la danse. À travers des ateliers menés avec les danseurs, Adams a conçu un processus dans lequel les corps se déplacent sur des toiles posées sur des linoléums peints, créant des « empreintes de danse » qui matérialisent des gestes collectifs de libération et de connexion. Construites au fil des performances successives, ces empreintes superposées retracent des rencontres partagées et des efforts visant à, selon l’artiste, « libérer les empreintes psychiques accumulées et sédimentées ». Les oeuvres présentées au Musée Guggenheim Bilbao proviennent des performances réalisées à Athènes en 2024, où des danseurs sud-africains et grecs ont collaboré pour la première fois. Les monotypes ainsi réalisés ont été transformés en une série de tapisseries tissées à grande échelle, suspendues dans l’espace afin de permettre au visiteur de circuler autour et parmi elles. Certaines sont accrochées à des crochets qui repoussent le tissu vers l’extérieur, révélant les deux faces de la tapisserie, d’autres sont accompagnées de petits « nuages » tissés, comme si des fragments de couleur et de mouvement s’étaient détachés de la composition. À la fois ludique et solennelle, l’installation d’Adams donne forme à des forces invisibles — la mémoire, le rythme, l’empathie — et propose l’acte de tisser comme une pratique corporelle et communautaire de guérison. Salles : 204, 208 Commissaire : Lekha Hileman